# Décharge d&#39;Ushuaia : le lieu suspecté de contamination du cas index du MV Hondius

> Le 27 mars 2026, Leo et Mirjam Schilperoord visitent une décharge à 6 km d&#39;Ushuaia pour observer le caracara de Darwin. Hypothèse principale, contestée.

Publié le 12 mai 2026 sur HantaTracker
Source canonique : https://hantatracker.fr/articles/decharge-ushuaia-cas-index-hantavirus/
Catégorie : Décryptage

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Quand la presse internationale a identifié, le 11 mai 2026, **Leo Schilperoord**, ornithologue néerlandais de 70 ans, comme le **cas index** de l'épidémie d'hantavirus du MV Hondius, l'attention s'est immédiatement portée sur un endroit improbable : une **décharge municipale à 6 km d'Ushuaia**. Pourquoi ce lieu, pourquoi cette date, pourquoi ce couple ? Et pourquoi l'Argentine refuse-t-elle, à ce stade, d'admettre que c'est là que tout a commencé ?

## Le 27 mars 2026 : la visite

Selon les éléments rassemblés par la presse internationale, Leo et son épouse **Mirjam Schilperoord** ont passé plusieurs mois à voyager en Amérique du Sud entre la fin 2025 et le printemps 2026. Argentine, Chili, Uruguay, retour en Argentine fin mars pour ce qui devait être une ultime étape avant de rejoindre le MV Hondius à **Ushuaia, en Terre de Feu**, le 1er avril.

Le **27 mars 2026**, soit **cinq jours avant l'embarquement**, le couple visite la **décharge municipale d'Ushuaia**, située à environ 6 km au nord-ouest de la ville. C'est l'une des dernières observations ornithologiques connues du couple avant l'embarquement.

<figure>
  <img src="/assets/images/caracara/caracara-albogularis-raf24.jpg" alt="Caracara à gorge blanche (Phalcoboenus albogularis) photographié dans le parc national Los Glaciares en Argentine. Rapace falconiforme au plumage noir, gorge blanche caractéristique, pattes et cire jaunes, perché en habitat patagonien." width="1296" height="972" loading="lazy">
  <figcaption>Caracara à gorge blanche (<em>Phalcoboenus albogularis</em>), aussi appelé caracara de Darwin, dans le parc national Los Glaciares (Argentine). C'est l'espèce que les ornithologues viennent observer à la décharge d'Ushuaia. Photo&nbsp;: Raf24, <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Phalcoboenus_albogularis,_Los_Glaciares.jpg" rel="external noopener">Wikimedia Commons</a>, <a href="https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/" rel="external noopener">CC&nbsp;BY 4.0</a>.</figcaption>
</figure>

## Pourquoi cette décharge attire les ornithologues du monde entier

À première vue, le choix de destination paraît curieux. Mais pour les ornithologues spécialisés en rapaces sud-américains, ce lieu est un **point de pèlerinage**. Il abrite une concentration exceptionnelle de **caracaras à gorge blanche** (*Phalcoboenus albogularis*), aussi appelés **caracaras de Darwin** — un rapace falconiforme endémique du sud de la Patagonie, du sud du Chili et de la Terre de Feu.

Pourquoi un rapace se concentre-t-il dans une décharge ? Le caracara à gorge blanche est un **charognard opportuniste**. Comme d'autres caracaras, il consomme des restes animaux, des déchets organiques et, occasionnellement, de petits rongeurs vivants. Les décharges patagoniennes constituent pour lui un **habitat artificiel** offrant nourriture concentrée et accessible, ce qui en fait des sites d'observation particulièrement productifs pour les ornithologues amateurs et professionnels.

## L'hypothèse de contamination

Les enquêteurs argentins et la presse internationale convergent vers l'hypothèse suivante : **les Schilperoord auraient inhalé des aérosols contaminés** par les déjections de rongeurs présents sur le site.

Le mécanisme proposé est classique pour les hantaviroses :

1. Les rongeurs **réservoirs** vivent dans la décharge, attirés par les déchets organiques
2. Ils excrètent le virus dans leur **urine, leurs fèces et leur salive** sans symptôme apparent
3. Quand ces déjections **sèchent et se mélangent à la poussière**, des particules virales se retrouvent en suspension
4. L'inhalation de ces aérosols, notamment lors de l'exploration prolongée d'un site densément peuplé, peut suffire à provoquer une infection

La période d'incubation du virus Andes — entre 7 et 42 jours — colle parfaitement avec la chronologie observée : exposition le 27 mars, premiers symptômes le **6 avril**, décès le **11 avril**.

## Mais cette hypothèse est contestée — et solidement

Dès le 8 mai 2026, **Juan Facundo Petrina**, directeur général de l'épidémiologie et de la santé environnementale de la province de Terre de Feu, **rejette publiquement** l'idée qu'Ushuaia soit à l'origine de l'épidémie. Ses arguments sont précis :

1. **Aucun cas humain d'hantavirus** n'a jamais été enregistré à Ushuaia ni dans la région de Terre de Feu, ni récemment ni historiquement.
2. **Ushuaia se trouve à environ 1 500 km au sud** de l'aire de répartition documentée de la sous-espèce de *Oligoryzomys longicaudatus* (le **colilargo**) connue pour porter le virus Andes.
3. **Aucune enquête vétérinaire** sur les rongeurs locaux n'a, à ce jour, mis en évidence la présence du virus Andes ou d'une souche apparentée.

La communauté ornithologique mondiale a par ailleurs pris position : sur la base d'éléments rapportés par NBC News, plusieurs ornithologues professionnels rappellent que la décharge d'Ushuaia est fréquentée chaque année par des centaines de visiteurs internationaux, **sans aucun cas d'hantavirus signalé** jusqu'à présent. Faire d'Ushuaia un lieu à risque sanitaire serait, selon eux, **disproportionné**.

## Une science encore incomplète

Cette divergence ouvre plusieurs pistes que l'enquête épidémiologique internationale doit clarifier :

- **Une autre espèce de rongeur** présente en Terre de Feu pourrait-elle porter une souche apparentée d'hantavirus, encore non décrite ?
- **Une extension récente** de l'aire de répartition du colilargo, en lien avec le changement climatique, pourrait-elle expliquer une présence inhabituelle si loin au sud ?
- **Une exposition ailleurs en Amérique du Sud** au cours des mois précédents, à l'occasion d'autres étapes du voyage du couple en Argentine, au Chili ou en Uruguay, est-elle plausible ?

Le **5 mai 2026**, le **Centre national suisse de référence pour les infections virales émergentes** a publié le **séquençage complet du génome viral** prélevé chez le cas suisse (cas 7). Le virus appartient à la **souche Andes**, génétiquement très proche du foyer argentin d'**Epuyén 2018-2019**, sans mutation inhabituelle ni recombinaison documentée. Ce résultat plaide en faveur d'une **origine sud-américaine classique** du virus, sans pour autant trancher la question du lieu précis d'exposition.

## Le couple Schilperoord, des ornithologues passionnés

L'identification publique du cas index a été rendue possible par la décision des autorités sanitaires néerlandaises et par les déclarations des proches du couple. Leo Schilperoord, 70 ans, et son épouse **Mirjam Schilperoord**, 69 ans, étaient des ornithologues amateurs reconnus dans la communauté néerlandaise et internationale. Leur voyage en Amérique du Sud, étalé sur plusieurs mois, était la concrétisation d'un projet de longue date.

Mirjam Schilperoord a quitté le MV Hondius le **24 avril** à Sainte-Hélène, accompagnant le corps de son mari. Elle est tombée malade quelques jours plus tard, prise en charge en urgence en Afrique du Sud après le vol Sainte-Hélène → Johannesburg du **25 avril**. Elle est décédée à Johannesburg le **26 avril 2026**. Son cas a été initialement classé probable, puis confirmé par PCR le 3 mai.

Le couple, identifié publiquement par leurs proches comme par les autorités, est documenté dans le respect de la dignité familiale. Toutes les informations citées ici sont issues de sources de presse établies (Newsweek, Euronews, NBC News, Infobae, IOL) et de communiqués officiels.

## Ce qu'il faut retenir

- La **décharge d'Ushuaia visitée le 27 mars 2026** par les Schilperoord est aujourd'hui l'**hypothèse principale** retenue par les enquêteurs internationaux.
- Cette hypothèse n'est **pas confirmée** : les autorités argentines de Terre de Feu la **rejettent**, soulignant l'absence historique du virus dans la région et la distance avec l'aire connue du rongeur réservoir.
- Le **séquençage suisse** plaide pour une origine sud-américaine classique, mais ne tranche pas le lieu précis.
- L'**enquête est en cours** par les autorités argentines, la mission COREB en France et le **CNR Hantavirus** (Institut Pasteur), en coordination avec l'<a href="/glossary/oms/">OMS</a> et l'<a href="/glossary/ecdc/">ECDC</a>.

Pour comprendre le rôle exact des rongeurs réservoirs dans la transmission du virus Andes, consultez notre article sur le [colilargo, réservoir du virus Andes](/articles/rongeur-reservoir-hantavirus-colilargo/). Pour la chronologie complète des cas, voir notre [page chronologie](/chronologie/).
