# Aérosol

> Particules fines en suspension dans l&#39;air, capables de transporter des agents infectieux. Distinguées des gouttelettes par leur taille (généralement &lt; 5 µm) et leur capacité à rester en suspension prolongée.

Source canonique : https://hantatracker.fr/glossary/aerosol/

**Alias** : aérosols, particules en suspension, aerosol, droplet nuclei

Un **aérosol** désigne, en santé publique, des particules très fines en suspension dans l'air, capables de transporter des micro-organismes (virus, bactéries, champignons). Les aérosols sont historiquement distingués des **gouttelettes respiratoires** par leur taille — plus petites, plus légères, ils restent en suspension plus longtemps et parcourent des distances plus grandes. C'est par inhalation d'aérosols issus des déjections de rongeurs que l'hantavirus se transmet à l'humain.

## Définition et seuils

### Le seuil historique de 5 µm

L'OMS a longtemps retenu un seuil de **5 micromètres (µm)** : les particules **supérieures à 5 µm** sont qualifiées de gouttelettes respiratoires (transmission à courte distance, environ 1 mètre, retombées rapides), celles **inférieures à 5 µm** d'aérosols ou de noyaux de gouttelettes (transmission à plus longue distance, en suspension prolongée). Ce seuil correspond historiquement à la profondeur de pénétration dans l'arbre respiratoire : les particules < 5 µm peuvent atteindre les alvéoles pulmonaires.

### Une dichotomie aujourd'hui assouplie

Depuis la pandémie de COVID-19, la communauté scientifique remet en question cette dichotomie binaire. La taille des particules respiratoires expulsées (toux, éternuements, parole, respiration) forme un continuum allant de 1 à 500 µm. L'OMS a publié en 2024 un nouveau cadre conceptuel intégrant cette évolution. En pratique, le seuil de 5 µm reste un repère pédagogique utile, mais la distinction nette gouttelette/aérosol n'est plus considérée comme strictement valide.

## Mécanismes de transmission

### Transmission par aérosols

Les agents transmis principalement par aérosols incluent la tuberculose, la rougeole, la varicelle, et certains virus respiratoires lors de procédures aérosolisantes. Pour ces agents, le port d'un **masque filtrant FFP2 ou N95** (efficacité de filtration ≥ 94 %) est nécessaire pour la protection respiratoire — un masque chirurgical classique est insuffisant.

### Transmission par gouttelettes

À l'inverse, les agents transmis principalement par gouttelettes (grippe saisonnière, méningocoque, oreillons) tombent au sol en quelques secondes après émission et n'atteignent pas les alvéoles à distance. Un masque chirurgical et une distance de 1 à 2 mètres suffisent généralement à interrompre cette transmission.

## Hantavirus et aérosols

### Voie principale de contamination

L'hantavirose est emblématique d'une transmission **animal-humain** par aérosols. Les rongeurs réservoirs excrètent en permanence le virus dans leurs urines, fèces et salive. Lorsqu'un humain perturbe ces matériaux (balayage, aspiration, manipulation de litière, nettoyage d'un local fermé), il met en suspension des particules virales potentiellement infectieuses. Les particules fines (< 5 µm) peuvent atteindre les alvéoles pulmonaires, où le virus se réplique pour donner le syndrome pulmonaire à hantavirus.

### Transmission inter-humaine du virus Andes

La transmission inter-humaine du virus Andes, seul cas documenté chez les hantavirus, semble se faire à **courte distance** lors de contacts étroits et prolongés. Les études de l'épidémie d'Epuyén suggèrent une transmission par gouttelettes courtes et possiblement aérosols à proximité immédiate, sans démonstration d'une transmission aérienne large à plusieurs mètres comme la grippe ou la COVID-19. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'OMS évalue le risque pour la population générale comme faible.

## Conséquences pratiques

### Pour le grand public en zone potentiellement contaminée

Le CDC recommande pour le nettoyage de tout espace susceptible d'être contaminé par des déjections de rongeurs : **pas de balayage à sec, pas d'aspiration**. La procédure correcte est de pulvériser une solution diluée d'eau de Javel (1 volume pour 9 volumes d'eau), laisser agir 5 minutes, puis essuyer avec un papier absorbant à jeter. Le port d'un masque FFP2/N95 est recommandé.

### Pour les soignants

La prise en charge d'un cas suspect ou confirmé d'hantavirose, en particulier de virus Andes, implique le port d'un FFP2/N95, d'une blouse imperméable, de gants et de lunettes ou d'un écran facial. Cette protection est particulièrement importante lors de procédures à risque d'aérosolisation comme l'intubation, l'aspiration trachéale, la kinésithérapie respiratoire.
