# Hantavirus

> Genre de virus à ARN segmenté transmis par les rongeurs sauvages. Provoque chez l&#39;humain le syndrome pulmonaire à hantavirus (Amériques) ou la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (Eurasie).

Source canonique : https://hantatracker.fr/glossary/hantavirus/

**Alias** : hantavirus, orthohantavirus, hantaviridae

L'**hantavirus** désigne tout virus du genre *Orthohantavirus*, famille Hantaviridae, ordre Bunyavirales. Ces virus à ARN segmenté infectent naturellement des rongeurs sauvages, parfois des chiroptères et des soricomorphes, sans provoquer de maladie chez l'animal hôte. La transmission à l'humain est accidentelle, principalement par inhalation d'aérosols contaminés. Les hantaviroses humaines sont rares mais peuvent être sévères, sous deux formes cliniques principales selon la zone géographique et la souche.

## Classification et taxonomie

### Famille et genre

Les hantavirus appartiennent au genre *Orthohantavirus*, qui compte **37 espèces** reconnues par le Comité international de taxonomie des virus (ICTV). Ce genre fait partie de la famille Hantaviridae au sein de l'ordre Bunyavirales, qui rassemble plusieurs genres de virus à génome ARN négatif segmenté. Chaque hantavirus est spécifiquement associé à une espèce hôte primaire, dans laquelle il établit une infection chronique asymptomatique.

### Hantavirus de l'Ancien Monde et du Nouveau Monde

La distinction épidémiologique majeure oppose deux groupes :

- **Hantavirus de l'Ancien Monde** : présents en Asie, Europe et Afrique, ils provoquent principalement la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR). Les souches majeures sont Hantaan (Asie), Séoul (mondial via le rat noir), Puumala (Europe) et Dobrava (Balkans).
- **Hantavirus du Nouveau Monde** : présents dans les Amériques, ils provoquent principalement le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH). Les souches majeures sont Sin Nombre (Amérique du Nord), Andes (Argentine, Chili) et Laguna Negra (Paraguay, Bolivie).

## Hôtes et réservoirs

### Diversité des espèces hôtes

Une étude de référence en virologie des réservoirs recense **plus de 80 espèces hôtes** d'hantavirus à l'échelle mondiale : 51 espèces de rongeurs, 7 de chiroptères et 20 de soricomorphes (musaraignes, taupes). Cette diversité s'explique par une longue co-évolution entre virus et hôtes, étalée sur plusieurs millions d'années.

### Spécificité hôte-virus

Chaque hantavirus est généralement strictement associé à une espèce hôte. Cette spécificité a deux conséquences pratiques importantes pour la santé publique : la distribution géographique d'une hantavirose dépend de l'aire de répartition de son réservoir, et la surveillance des populations de rongeurs sentinelles permet d'anticiper les zones à risque pour l'humain.

## Épidémiologie

### Fréquence

Les hantaviroses restent des zoonoses rares à l'échelle individuelle. Aux États-Unis, le CDC recense **890 cas** de syndrome pulmonaire à hantavirus depuis le début de la surveillance en 1993 jusqu'à fin 2023, soit en moyenne 11 à 48 cas par an. En Asie de l'Est, la fièvre hémorragique avec syndrome rénal est plus fréquente, avec plusieurs dizaines de milliers de cas par an signalés en Chine.

### Facteurs de risque

L'exposition aux hantavirus dépend du contact avec les rongeurs ou leurs déjections. Les principales situations à risque sont les activités agricoles, le nettoyage de bâtiments inutilisés (caves, granges, cabanes de chasse), les travaux forestiers et les voyages dans des zones rurales endémiques. La densité des populations de rongeurs, qui varie selon les conditions climatiques, influence directement le risque humain.

## Surveillance et prévention

### Surveillance internationale

L'OMS, l'ECDC et le CDC américain coordonnent la surveillance internationale des hantaviroses. Le CDC publie des données nationales annuelles, l'ECDC suit les cas en Europe et l'OMS documente les épisodes d'intérêt international. Les rapports d'épisodes inhabituels alimentent la base IHR (International Health Regulations) en quasi temps réel.

### Mesures de prévention

La prévention repose sur la limitation de l'exposition aux rongeurs sauvages : étanchéité des bâtiments, stockage hermétique des aliments, port d'équipements de protection lors du nettoyage de zones contaminées, ventilation et désinfection avant intervention. Aucun vaccin n'est homologué internationalement contre les souches américaines à ce jour. La prise en charge médicale repose sur des soins de support, en particulier la ventilation mécanique et l'ECMO dans les formes pulmonaires graves.
