# Létalité

> Proportion de décès parmi les personnes diagnostiquées d&#39;une maladie. Pour le syndrome pulmonaire à hantavirus : ~36 % en moyenne, jusqu&#39;à 40 % pour le virus Andes.

Source canonique : https://hantatracker.fr/glossary/letalite/

**Alias** : taux de létalité, case fatality rate, CFR

La **létalité** (en anglais *case fatality rate* ou CFR) est un indicateur épidémiologique fondamental qui exprime la proportion de personnes diagnostiquées d'une maladie qui en décèdent. Pour le **syndrome pulmonaire à hantavirus**, elle se situe entre 30 % et 40 % selon la souche, ce qui en fait l'une des infections virales aiguës les plus graves chez l'humain immunocompétent.

## Définition et calcul

### Formule

La létalité se calcule comme :

```
Létalité (%) = (nombre de décès / nombre de cas diagnostiqués) × 100
```

Elle s'exprime en pourcentage et porte sur une **maladie spécifique**, pendant une **période donnée**, et sur une **population de cas confirmés** (et non sur la population générale).

### À ne pas confondre

La létalité diffère de plusieurs autres indicateurs proches :
- La **mortalité** : nombre de décès rapporté à la population totale (par exemple, décès pour 100 000 habitants par an).
- L'**Infection Fatality Rate (IFR)** : proportion de décès parmi toutes les personnes infectées, y compris les cas asymptomatiques ou non diagnostiqués. L'IFR est toujours inférieur ou égal à la létalité.
- Le **risque individuel** : pour une personne infectée donnée, le risque de décès dépend de l'âge, des comorbidités, de la souche, et de l'accès aux soins.

## Létalité des hantaviroses

### Syndrome pulmonaire à hantavirus

| Agent | Région | Létalité |
|-------|--------|----------|
| Virus Andes | Argentine, Chili | ≈ 40 % |
| Virus Sin Nombre | Amérique du Nord | 30–35 % |
| Virus Laguna Negra | Paraguay, Bolivie | ≈ 12 % |

Pour l'ensemble des cas américains depuis 1993, le CDC retient une létalité moyenne de **36 %**.

### Fièvre hémorragique avec syndrome rénal

La FHSR présente une létalité plus variable, fortement dépendante de la souche :
- **Virus Hantaan** (Asie) : jusqu'à 15 %
- **Virus Dobrava** (Balkans) : 5–15 %
- **Virus Séoul** : 1–2 %
- **Virus Puumala** (néphropathie épidémique européenne) : moins de 1 %

## Létalité observée sur le MV Hondius

Au **10 mai 2026**, l'OMS recense pour l'épisode du MV Hondius **8 cas** (6 confirmés, 2 probables) et **3 décès**, soit une létalité brute de **37,5 %**. Cette valeur est cohérente avec la fourchette historique du virus Andes (40 %).

### Précautions d'interprétation

Pendant un épisode en cours, la létalité doit être interprétée avec prudence pour plusieurs raisons : (1) les cas les plus graves sont identifiés en premier, ce qui surestime le CFR initial ; (2) certains patients hospitalisés peuvent encore survivre, ce qui le diminuera après résolution ; (3) des cas légers peuvent être manqués et ne pas figurer au dénominateur. L'OMS recommande de ne consolider la létalité d'un épisode qu'après résolution de l'ensemble des cas.

## Réduire la létalité

Trois leviers principaux ont démontré un impact :

### Diagnostic précoce

Identifier l'hantavirose dès la phase prodromique pseudo-grippale (jours 1 à 5) par RT-PCR permet une orientation rapide en réanimation avant la phase critique. Pour les passagers et contacts du MV Hondius, la surveillance des 42 jours d'incubation a précisément cet objectif.

### Réanimation expérimentée

Le pronostic est meilleur dans les centres habitués à la prise en charge des détresses respiratoires aiguës et du choc cardiogénique : ventilation mécanique avec stratégie de protection pulmonaire, gestion hémodynamique stricte, recours rapide à l'oxygénation par membrane extra-corporelle (ECMO) pour les formes les plus sévères.

### Coordination internationale

L'identification précoce d'un cluster (comme sur le MV Hondius), l'identification du pathogène par PCR, la notification aux autorités sanitaires internationales (OMS, ECDC, CDC) et la coordination de la surveillance des contacts sont les conditions qui permettent d'éviter les décès évitables et de réduire la létalité opérationnelle d'un épisode épidémique.
