# Vaccin contre l&#39;hantavirus Andes : où en est la recherche ?

> Aucun vaccin n&#39;est homologué contre l&#39;hantavirus des Andes. Un candidat à ADN a passé la phase 1 avec succès, mais l&#39;essai d&#39;efficacité bute sur un obstacle : trop peu de malades.

Publié le 21 mai 2026 sur HantaTracker
Source canonique : https://hantatracker.fr/articles/vaccin-hantavirus-andes-ou-en-est-la-recherche/
Catégorie : Médical

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          "name": "Existe-t-il un vaccin contre l'hantavirus des Andes ?",
          "acceptedAnswer": { "@type": "Answer", "text": "Non. À ce jour, aucun vaccin n'est homologué contre l'hantavirus des Andes ni contre le syndrome pulmonaire à hantavirus, ni aux États-Unis, ni en Europe, ni en Amérique latine. Les seuls vaccins anti-hantavirus réellement utilisés le sont en Asie (Corée du Sud, Chine) et ciblent d'autres souches responsables de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, pas le virus Andes." }
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          "name": "Où en est le candidat vaccin à ADN ?",
          "acceptedAnswer": { "@type": "Answer", "text": "Un vaccin à ADN développé par l'US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) a achevé une étude de phase 1 publiée en 2024. Administré sans aiguille (système PharmaJet Stratis) à 48 adultes en bonne santé, il a été jugé sûr et a induit des anticorps neutralisants chez 88 à 90 % des participants des cohortes les mieux dosées. Il reste à franchir les phases 2 et 3 avant toute homologation." }
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L'épidémie du <a href="/glossary/mv-hondius/">MV Hondius</a> a ramené une question récurrente sur le devant de la scène&nbsp;: pourquoi, alors que des vaccins ont été développés en un temps record contre le COVID-19, n'existe-t-il **toujours pas de vaccin** contre l'<a href="/glossary/hantavirus/">hantavirus</a> des Andes&nbsp;? La réponse tient moins à la science qu'à une équation **épidémiologique et économique** difficile à résoudre.

## Aucun vaccin homologué contre le virus Andes

Disons-le d'emblée&nbsp;: à ce jour, **aucun vaccin n'est homologué** contre le <a href="/glossary/virus-andes/">virus Andes</a>, ni plus largement contre le <a href="/glossary/syndrome-pulmonaire-a-hantavirus/">syndrome pulmonaire à hantavirus</a> (SPH), que ce soit aux États-Unis, en Europe ou en Amérique latine.

Cette absence peut surprendre, car des vaccins anti-hantavirus **existent**… mais ailleurs, et contre d'autres virus. En **Corée du Sud**, le vaccin inactivé **Hantavax** est utilisé depuis des décennies. En **Chine**, des vaccins inactivés (dérivés de cerveau de rongeur puis, plus récemment, de culture cellulaire) sont administrés à grande échelle. Mais ces vaccins ciblent les virus **Hantaan** et **Seoul**, responsables en Asie et en Europe de la <a href="/glossary/fhsr/">fièvre hémorragique avec syndrome rénal</a> (FHSR) — une maladie distincte du SPH américain. Ils **ne protègent pas** contre le virus Andes.

## Un candidat à ADN qui a fait ses preuves… en phase 1

La recherche n'est pas pour autant à l'arrêt. Le candidat le plus avancé contre le virus Andes est un **vaccin à ADN** développé par l'**USAMRIID**, l'institut de recherche médicale de l'armée américaine sur les maladies infectieuses (Fort Detrick, Maryland).

Son principe&nbsp;: faire produire par l'organisme les deux **glycoprotéines d'enveloppe** du virus (Gn et Gc), afin d'entraîner le système immunitaire à les reconnaître. L'étude de **phase 1**, publiée en 2024, a livré des résultats encourageants&nbsp;:

- **48 adultes** en bonne santé, répartis en quatre cohortes (doses de 2 ou 4&nbsp;mg, schémas à 3 ou 4 injections)&nbsp;;
- administration **sans aiguille**, par injection sous pression (système PharmaJet Stratis)&nbsp;;
- **88 à 90&nbsp;%** des participants des cohortes les mieux dosées ont développé des **anticorps neutralisants** (67&nbsp;% dans la cohorte la moins dosée)&nbsp;;
- conclusion des auteurs&nbsp;: un vaccin «&nbsp;**sûr**&nbsp;» induisant une réponse immunitaire «&nbsp;**robuste et durable**&nbsp;».

C'est un jalon réel — mais une phase 1 ne mesure que la **sécurité** et la **réponse immunitaire**, pas l'efficacité réelle pour **prévenir la maladie**. Et c'est précisément là que la route se bloque.

## Le vrai obstacle : pas assez de malades pour prouver que ça marche

Pour homologuer un vaccin, il faut une **phase 3**&nbsp;: démontrer, sur une grande population, que les vaccinés tombent significativement moins malades que les non-vaccinés. Or le SPH est une maladie **rare et sporadique**. Le virus Andes provoque quelques centaines de cas par an, dispersés dans de vastes zones rurales d'Amérique du Sud.

Conséquence&nbsp;: pour observer assez de cas et prouver une efficacité, il faudrait **recruter des dizaines de milliers de personnes** dans les régions à risque — typiquement la Patagonie — et les **suivre pendant des années**. Un tel essai est d'une lourdeur logistique et d'un coût considérables, pour un marché commercial étroit. C'est l'analyse que résumait *Der Spiegel* le 18 mai 2026 sous un titre éloquent&nbsp;: «&nbsp;comment le manque d'argent **et l'absence de patients** freinent le développement&nbsp;».

Autrement dit&nbsp;: ce n'est pas que la science ne sait pas faire de vaccin — c'est qu'il est très difficile de **prouver** qu'il fonctionne, faute d'un nombre suffisant de malades à protéger.

## Ce que l'épisode du MV Hondius pourrait changer

Une flambée médiatisée comme celle du MV Hondius peut **rebattre les cartes** en ravivant l'intérêt scientifique et le financement. Plusieurs pistes restent ouvertes&nbsp;: optimisation du candidat à ADN, plateformes à **acides nucléiques** (dont l'ARN messager) explorées contre les hantavirus, et travaux menés notamment en **Argentine**, où des équipes hospitalières cherchent depuis des années un vaccin adapté aux souches sud-américaines (France Info, 21 mai 2026).

Mais il faut rester mesuré&nbsp;: aucun produit homologué n'est attendu **à court terme**. Dans l'immédiat, la prévention repose sur ce qui fonctionne déjà — éviter l'exposition aux <a href="/glossary/rongeurs-reservoirs/">rongeurs réservoirs</a> et à leurs déjections, et appliquer des protocoles stricts en cas de contamination.

## Et le traitement ?

Le constat est voisin côté thérapeutique&nbsp;: il n'existe **pas d'antiviral spécifique** homologué contre le SPH. La prise en charge reste **symptomatique** — assistance respiratoire et, dans les formes graves, recours à l'<a href="/glossary/ecmo/">ECMO</a> (oxygénation par membrane extracorporelle), comme pour la patiente française hospitalisée à Bichat. D'où l'importance du **diagnostic précoce** et de la surveillance des personnes exposées pendant toute la <a href="/glossary/periode-d-incubation/">période d'incubation</a>.

## Ce qu'il faut retenir

- **Aucun vaccin homologué** contre l'hantavirus des Andes / le SPH, ni en Amérique ni en Europe.
- Les vaccins existants (**Hantavax** en Corée, vaccins inactivés en Chine) visent d'**autres souches** (FHSR asiatique), pas le virus Andes.
- Un **candidat à ADN de l'USAMRIID** a réussi une **phase 1** (88-90&nbsp;% de répondeurs en anticorps neutralisants, sécurité confirmée).
- Le blocage est **logistique et économique**&nbsp;: maladie trop rare pour monter un essai d'efficacité de phase 3 réaliste.
- Pas de vaccin attendu **à court terme**&nbsp;; la prévention repose sur l'évitement des rongeurs et les protocoles d'<a href="/glossary/epi/">EPI</a>/désinfection.

Pour comprendre la maladie et sa prise en charge, voir [symptômes et traitement de l'hantavirus](/articles/hantavirus-symptomes-traitement/). Sur la décontamination après exposition, lire [pourquoi on détrempe au lieu de balayer](/articles/decontamination-hantavirus-pourquoi-detremper/).
