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Glossaire · Clinique

ECMO

Oxygénation par membrane extracorporelle. Technique de suppléance vitale qui oxygène le sang en dehors du corps quand les poumons ou le cœur ne suffisent plus.

Aussi appelé : oxygénation par membrane extracorporelle, extracorporeal membrane oxygenation, poumon artificiel, ECMO veino-veineuse, ECMO V-V, ECMO V-A Clinique

L'ECMO (Extracorporeal Membrane Oxygenation, oxygénation par membrane extracorporelle) est une technique de réanimation lourde qui assure temporairement la fonction des poumons, parfois aussi du cœur, quand ces organes sont défaillants. Pour les formes les plus graves de syndrome pulmonaire à hantavirus — comme celle observée chez la patiente française du MV Hondius admise à Bichat — l'ECMO est l'ultime recours quand la ventilation mécanique conventionnelle ne suffit plus.

Principe

Un circuit de sang oxygéné en parallèle du corps

Le sang du patient est aspiré par une canule placée dans une grosse veine (généralement la veine fémorale ou jugulaire), passe à travers une membrane d'oxygénation où il se charge en oxygène et se débarrasse du CO₂, puis est réinjecté dans la circulation. La pompe qui fait circuler le sang est externe, le circuit dure plusieurs jours.

Deux modes principaux

  • ECMO V-V (veino-veineuse) : le sang oxygéné est réinjecté dans le système veineux. Indication : défaillance respiratoire pure, sans atteinte cardiaque majeure. C'est le mode utilisé dans la plupart des SDRA.
  • ECMO V-A (veino-artérielle) : le sang est réinjecté dans une grosse artère. Cela court-circuite le cœur défaillant. Indication : choc cardiogénique réfractaire, parfois associé à la défaillance respiratoire.

Indication dans l'hantavirose

Phase cardiopulmonaire

Le syndrome pulmonaire à hantavirus provoque un œdème pulmonaire lésionnel rapide (extravasation massive de plasma dans les alvéoles) souvent associé à un choc cardiogénique. Cette phase, qui survient typiquement 4 à 10 jours après les premiers symptômes, est la principale cause de décès. La ventilation mécanique seule devient insuffisante quand l'œdème est diffus et que le rapport PaO₂/FiO₂ s'effondre.

Choix du moment

La décision d'ECMO repose sur des critères standardisés : score Murray, score RESP, PaO₂/FiO₂, durée de ventilation conventionnelle. Plus l'ECMO est posée tôt dans la décompensation cardiopulmonaire, meilleur est le pronostic. Pour un hantavirus, les équipes argentines et chiliennes recommandent d'envisager l'ECMO dès l'apparition d'un choc cardiogénique pour ne pas attendre la défaillance multi-viscérale.

Application au MV Hondius

Patiente française à Bichat

Le 12 mai 2026, le Pr Xavier Lescure (infectiologue, hôpital Bichat AP-HP) a annoncé en conférence de presse que la patiente française positive au virus Andes — rapatriée du MV Hondius via Tenerife — présentait « la forme la plus sévère » de la maladie cardio-pulmonaire et était placée sous ECMO. Elle a plus de 65 ans et présente des comorbidités. C'est le premier cas français mis sous ECMO pour cette indication dans l'épisode MV Hondius.

Plateau technique français

La France dispose d'une trentaine de centres ECMO, dont plusieurs en région parisienne (Bichat, Pitié-Salpêtrière, Européen Georges-Pompidou…) capables de prendre en charge des patients en urgence vitale. Le réseau REVA coordonne les transferts inter-hospitaliers, y compris par hélicoptère ou avion sanitaire, pour orienter chaque patient vers le centre adapté.

Limites

Une technique invasive

L'ECMO est associée à un risque de complications hémorragiques (anticoagulation systémique obligatoire), infectieuses (canules à demeure, ventilation prolongée), neurologiques (accident vasculaire cérébral sous ECMO V-A) et thrombotiques. La survie hospitalière sous ECMO V-V pour SDRA sévère tourne autour de 50 % dans le registre ELSO, toutes étiologies confondues, mais dépend fortement de l'âge, des comorbidités et de la cause sous-jacente.

Ressource rare

Une ECMO mobilise un personnel hautement spécialisé (réanimateurs, perfusionnistes, infirmiers ECMO) 24h/24, et l'équipement est coûteux. Le nombre de places ECMO disponibles est limité, ce qui rend la sélection des patients et la coordination régionale essentielles, en particulier en contexte d'épidémie.

Chiffres clés

Normes et références

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une ECMO ?

L'ECMO (Extracorporeal Membrane Oxygenation, oxygénation par membrane extracorporelle) est une technique de suppléance vitale qui prélève le sang du patient, l'oxygène à travers une membrane externe, puis le réinjecte dans la circulation. Elle remplace temporairement la fonction des poumons (ECMO veino-veineuse, dite V-V) et, dans certains cas, aussi celle du cœur (ECMO veino-artérielle, V-A). Elle se met en place en réanimation lourde, dans des centres spécialisés.

Quand utilise-t-on l'ECMO pour une hantavirose ?

L'ECMO est envisagée dans les formes les plus sévères de syndrome pulmonaire à hantavirus, lorsque la ventilation mécanique conventionnelle ne suffit plus à maintenir une oxygénation correcte. La phase cardiopulmonaire de l'hantavirose, qui peut conduire à un œdème pulmonaire lésionnel massif et à un choc cardiogénique, en fait une indication classique d'ECMO V-V ou V-A selon les défaillances. C'est le cas de la patiente française admise à l'hôpital Bichat et placée sous ECMO le 12 mai 2026, selon le Pr Xavier Lescure (infectiologue Bichat).

Combien de temps peut-on rester sous ECMO ?

La durée typique d'une ECMO V-V pour un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) sévère est de 10 à 21 jours, avec une médiane internationale autour de deux semaines. Des durées plus longues (plusieurs mois) sont possibles dans des situations exceptionnelles, mais le risque de complications (saignement, infection, défaillance d'organe) augmente avec la durée. La décision de sevrage repose sur la récupération de la fonction pulmonaire propre du patient.

Quel pronostic sous ECMO pour un hantavirus ?

Les données sont limitées par la rareté de la maladie. Des séries cliniques sud-américaines suggèrent que l'ECMO améliore significativement la survie dans les formes cardiopulmonaires les plus graves d'infection à virus Andes, qui auraient autrement une létalité proche de 100 %. Le pronostic dépend du délai entre les premiers symptômes et la mise sous ECMO, de l'âge, des comorbidités et de la sévérité du choc.

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