Glossaire · Protection
Vaccin
Préparation qui entraîne le système immunitaire à reconnaître un agent pathogène. Contre l'hantavirus des Andes, aucun vaccin n'est homologué à ce jour.
Un vaccin est une préparation biologique qui entraîne le système immunitaire à reconnaître un agent pathogène, afin de s'en défendre en cas d'exposition réelle. Contre l'hantavirus, la situation est contrastée : des vaccins existent en Asie contre certaines souches, mais aucun n'est homologué contre le virus Andes, responsable du foyer du MV Hondius.
Les vaccins anti-hantavirus existants #
En Asie, contre d'autres souches #
En Corée du Sud, le vaccin inactivé Hantavax est utilisé depuis des décennies. En Chine, des vaccins inactivés (dérivés de cerveau de rongeur, puis de culture cellulaire) sont administrés à grande échelle — environ deux millions de doses par an. Mais ces vaccins ciblent les virus Hantaan et Seoul, responsables de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), et ne protègent pas contre le virus Andes.
Aucun vaccin pour le syndrome pulmonaire #
Pour le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), forme américaine de la maladie, il n'existe aucun vaccin homologué à ce jour.
Le candidat à ADN contre le virus Andes #
Le candidat le plus avancé est un vaccin à ADN développé par l'USAMRIID (institut de recherche médicale de l'armée américaine). Son principe : faire produire par l'organisme les glycoprotéines d'enveloppe Gn et Gc du virus, pour entraîner la réponse immunitaire.
L'essai de phase 1, publié en 2024, a porté sur 48 adultes en bonne santé, avec une administration sans aiguille (système PharmaJet Stratis). Résultat : 88 à 90 % des participants des cohortes les mieux dosées ont développé des anticorps neutralisants, sans problème de sécurité. Mais une phase 1 ne mesure que la sécurité et la réponse immunitaire — pas l'efficacité réelle pour prévenir la maladie.
Le verrou de la phase 3 #
Pour homologuer un vaccin, il faut une phase 3 démontrant son efficacité sur une grande population. Or le SPH est trop rare et sporadique : un tel essai exigerait de recruter des dizaines de milliers de personnes en zone à risque et de les suivre pendant des années. C'est l'obstacle principal, à la fois logistique et économique — et la raison pour laquelle, malgré des candidats prometteurs, aucun vaccin n'est attendu à court terme.
Pour aller plus loin, voir notre article où en est la recherche d'un vaccin contre l'hantavirus Andes ?.
Chiffres clés
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0
Vaccin homologué contre le virus Andes ou le syndrome pulmonaire à hantavirus, aux États-Unis comme en Europe (mai 2026).
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88–90 %
Participants ayant développé des anticorps neutralisants dans les cohortes les mieux dosées de l'essai de phase 1 du vaccin à ADN contre le virus Andes (USAMRIID, 48 adultes).
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≈ 2 millions
Doses de vaccins inactivés contre les hantavirus de type Hantaan/Seoul administrées chaque année en Chine — mais ces vaccins ne protègent pas contre le virus Andes.
Normes et références
- USAMRIID — US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases — Développeur du candidat vaccin à ADN contre le virus Andes, évalué en phase 1 (glycoprotéines Gn/Gc, injection sans aiguille).
- Achievement and Challenges in Orthohantavirus Vaccines (revue) — Revue des plateformes vaccinales anti-hantavirus (inactivées, ADN, acides nucléiques) et de leurs obstacles cliniques.
Questions fréquentes
Existe-t-il un vaccin contre l'hantavirus des Andes ?
Non. Aucun vaccin n'est homologué à ce jour contre le virus Andes ni contre le syndrome pulmonaire à hantavirus, ni aux États-Unis, ni en Europe, ni en Amérique latine. Les vaccins anti-hantavirus réellement utilisés le sont en Asie (Hantavax en Corée du Sud, vaccins inactivés en Chine) et visent d'autres souches responsables de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal.
Qu'est-ce qu'un vaccin à ADN ?
Un vaccin à ADN introduit dans l'organisme un fragment d'ADN codant une protéine du virus (ici les glycoprotéines d'enveloppe Gn et Gc du virus Andes). Les cellules produisent alors cette protéine, ce qui entraîne le système immunitaire à la reconnaître et à fabriquer des anticorps. Le candidat développé par l'USAMRIID a été administré sans aiguille (injection sous pression) et a réussi un essai de phase 1.
Pourquoi n'a-t-on pas encore de vaccin contre le virus Andes ?
Le frein n'est pas scientifique mais logistique et économique. Le syndrome pulmonaire à hantavirus est rare et sporadique : pour démontrer l'efficacité d'un vaccin lors d'un essai de phase 3, il faudrait suivre des dizaines de milliers de personnes en zone à risque pendant des années. Le faible nombre de cas réduit aussi l'intérêt commercial des laboratoires.
Pour aller plus loin
- Safety and Immunogenicity of an Andes Virus DNA Vaccine — Phase 1 — PMC / NIH (publication scientifique)
- Vaccines and Therapeutics Against Hantaviruses — PMC / NIH (Frontiers) (revue scientifique)
- About Andes Virus — CDC (fiche autorité sanitaire)