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Hantavirus en France : cas historiques et épisode MV Hondius

État des cas d’hantavirus en France au 11 mai 2026 : premier cas Andes confirmé chez une ressortissante française rapatriée du MV Hondius, 22 cas contacts en milieu hospitalier, décret du 10 mai sur la quarantaine de 42 jours à Bichat.

Hantavirus en France : cas historiques et épisode MV Hondius — HantaTracker

L’hantavirus n’est pas une nouveauté en France. Plusieurs souches y circulent depuis des décennies. Mais l’épisode du MV Hondius marque l’arrivée d’une situation inédite : un cluster de virus Andes — la souche la plus dangereuse de la famille — à bord d’un navire de croisière, avec 5 passagers français rapatriés, 1 cas confirmé positif au 11 mai 2026 et 22 cas contacts identifiés en France métropolitaine. Synthèse à partir des sources officielles et de la presse vérifiée.

Le 11 mai 2026 : premier cas Andes confirmé en France

Le lundi 11 mai 2026 au matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon annonce sur BFM TV qu’une ressortissante française a été testée positive au virus Andes. Il s’agit de l’une des cinq personnes rapatriées la veille depuis Tenerife à bord d’un vol sanitaire affrété. Elle présentait des symptômes pendant le vol et a été placée immédiatement en isolement strict à l’hôpital Bichat (Paris 18ᵉ arrondissement) à l’arrivée. La patiente est désormais hospitalisée en réanimation dans un état stable, en chambre à pression négative, selon les déclarations du Premier ministre.

Quelques heures plus tard, Le Monde rapporte qu’un passager américain du MV Hondius a également été testé positif, ce qui porte à plusieurs unités le nombre de cas confirmés à l’échelle internationale (chiffre exact en cours de consolidation par les autorités sanitaires).

Décret du 10 mai : 42 jours de quarantaine et d’isolement

Annoncé le soir du 10 mai par le Premier ministre Sébastien Lecornu sur CNews et publié au Journal officiel du 11 mai 2026 sous la référence décret n° 2026-364 du 10 mai 2026, ce texte formalise les mesures applicables à trois catégories de personnes :

  • Les passagers du MV Hondius ayant séjourné à bord entre le 1ᵉʳ avril et le 10 mai 2026 : quarantaine en établissement de santé puis quarantaine ou isolement, pour une durée totale de 42 jours — durée correspondant à la période d’incubation maximale connue du virus Andes (7 à 42 jours).
  • Les contacts de ces passagers ou de tout cas confirmé, lorsqu’ils présentent un risque sérieux d’infection : quarantaine ou isolement adapté.
  • Les passagers de deux vols spécifiques identifiés à risque, tenus de se signaler sans délai aux autorités sanitaires : le vol 4Z132 Sainte-Hélène → Johannesburg du 25 avril 2026 et le vol KL592 Johannesburg → Amsterdam du 25 avril 2026.

Le décret est immédiatement entré en vigueur, sous la responsabilité des ministres de l’Intérieur et de la Santé. Le 11 mai en fin d’après-midi, à l’issue d’une cellule de crise à Matignon, le Premier ministre a annoncé un durcissement du dispositif : tous les cas contacts français — soit 22 personnes — sont désormais placés en « quarantaine renforcée en milieu hospitalier », et plus en auto-isolement à domicile comme initialement prévu.

Deux réunions interministérielles quotidiennes se tiennent à Matignon pour coordonner les autorités sanitaires (Quai d’Orsay, ARS Île-de-France, Santé publique France, Institut Pasteur).

Les 22 cas contacts et les 5 passagers rapatriés

L’effectif total sous suivi en France s’est précisé entre le 10 et le 11 mai. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a détaillé la chaîne de contacts sur France Inter.

Les 5 passagers du MV Hondius

Rapatriés à Bichat le 10 mai depuis Tenerife. Une testée positive (en réanimation, état stable). Quatre testées négatives à ce stade, maintenues en quarantaine hospitalière dans le cadre du décret pour la durée totale de 42 jours.

Les 8 contacts du vol Sainte-Hélène → Johannesburg (4Z132)

Ce vol commercial du 25 avril 2026 transportait 8 ressortissants français aux côtés d’une passagère néerlandaise décédée à son arrivée à Johannesburg le 26 avril, après une dégradation rapide pendant le vol. Selon le ministère de la Santé, l’un de ces 8 Français présente des symptômes légers et fait l’objet de tests diagnostiques en cours. Tous sont placés en isolement renforcé en milieu hospitalier.

Les 14 autres cas contacts

Identifiés plus récemment, notamment via le vol KL592 Johannesburg → Amsterdam du 25 avril 2026 et l’entourage proche de la patiente confirmée. Ces 14 personnes, initialement placées en auto-isolement à domicile, ont été transférées en quarantaine hospitalière à la suite du durcissement décidé le 11 mai.

Hypothèse du patient zéro : l’ornithologue néerlandais

Selon les premiers éléments d’enquête rendus publics par les autorités argentines et repris par la presse internationale, le patient zéro de l’épidémie du MV Hondius serait Leo Schilperoord, ornithologue néerlandais âgé de 70 ans, décédé à bord du navire. Sa compagne Mirjam, qui voyageait avec lui, est également décédée.

Le scénario reconstitué s’articule autour de trois éléments :

  1. Avant l’embarquement à Ushuaia le 1ᵉʳ avril 2026, le couple aurait visité, le 27 mars, une décharge à ciel ouvert près d’Ushuaia (Terre de Feu, Argentine) — région endémique du virus Andes.
  2. Le site est fréquenté par les ornithologues amateurs pour l’observation du caracara de Darwin (Phalcoboenus albogularis), espèce rare de cette zone.
  3. La décharge abrite des colonies de colilargos (Oligoryzomys longicaudatus), réservoir principal du virus Andes. Selon les autorités argentines, le couple aurait inhalé des particules issues des déjections de ces rongeurs.

Quatre jours après cette visite, le 1ᵉʳ avril, M. Schilperoord embarque à bord du MV Hondius. Le 6 avril, il signale céphalées, douleurs abdominales et diarrhée. Il décède cinq jours plus tard à bord.

Ce scénario illustre un schéma classique d’émergence zoonotique : un comportement humain (intrusion dans un habitat à forte densité de rongeurs) crée une exposition exceptionnelle à un virus normalement cantonné à un cycle animal. Le syndrome pulmonaire à hantavirus s’est ensuite déclaré pendant la traversée, au moment où le navire était déjà loin de tout port médicalisé.

Les autorités sanitaires françaises et l’OMS n’ont pas encore publié de communiqué formel sur cette hypothèse, mais elle est aujourd’hui reprise comme piste d’investigation principale par les autorités argentines.

Pas le premier hantavirus en France — mais le premier Andes

Les hantavirus circulent en France depuis longtemps, sous une forme bien moins grave que le virus Andes. Le virus Puumala, transmis par le campagnol roussâtre (Myodes glareolus), est responsable d’une néphropathie épidémique principalement observée dans :

  • Franche-Comté (notamment le Doubs)
  • Alsace
  • Champagne-Ardenne
  • Picardie

D’après les données du Centre national de référence des hantavirus (Institut Pasteur), environ 100 cas sont diagnostiqués par an en moyenne en France métropolitaine (2 046 cas cumulés entre 2005 et 2024, avec un pic à 320 cas en 2021 et un creux à 14 cas en 2013). La maladie se présente comme une fièvre avec atteinte rénale modérée, le plus souvent réversible. La létalité est faible, autour de 0,4 % (donnée Santé publique France / ECDC). Aucune transmission inter-humaine n’a été documentée pour le virus Puumala.

L’épisode MV Hondius est donc le premier épisode de virus Andes identifié en France — souche jusqu’ici endémique à l’Argentine et au Chili, et beaucoup plus dangereuse (létalité autour de 35-40 %, contre environ 0,4 % pour Puumala).

« Aussi grave qu’Ebola » : la mise en perspective de Flahault

Dans une interview au Parisien le 11 mai 2026, l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur à l’Université Paris Cité et directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève, a fait une comparaison frappante : selon lui, l’hantavirus des Andes serait aussi grave que le virus Ebola. Le rapprochement vise à attirer l’attention sur la gravité individuelle de l’infection :

  • Létalité du virus Andes : environ 35 à 40 %
  • Létalité d’Ebola (selon les souches) : 25 à 90 %, en moyenne autour de 50 %

Mais la comparaison s’arrête à cette gravité clinique. Comme Ebola, le virus Andes :

  • nécessite un contact étroit et prolongé pour la transmission inter-humaine (pas de transmission aérienne large) ;
  • reste rare en transmission interhumaine : selon les estimations publiées, seule une minorité de cas se transmet d’humain à humain pour Andes ;
  • permet une surveillance active des contacts pendant la période d’incubation, ce qui rompt les chaînes de transmission.

L’évaluation de l’OMS sur le risque pour la population française reste donc faible. Aucune mesure barrière n’est imposée à la population générale. La surveillance porte exclusivement sur les personnes identifiées comme contacts à risque.

Que faire en France ?

Pour la population générale

Aucune mesure spécifique requise. Pas de masque, pas de distanciation, pas de modification d’activité. Les hantaviroses ne se transmettent pas par contact bref ou en milieu urbain ouvert.

Pour les personnes liées au MV Hondius ou aux vols à risque

Vous étiez passager du MV Hondius (1ᵉʳ avril – 10 mai 2026), vous étiez à bord du vol 4Z132 Sainte-Hélène → Johannesburg du 25 avril ou du vol KL592 Johannesburg → Amsterdam du 25 avril, ou vous êtes un proche identifié comme contact à risque :

  • Vous êtes déjà ou allez être contacté par votre ARS ou par Santé publique France.
  • Le décret du 10 mai vous impose de vous signaler sans délai aux autorités sanitaires.
  • Surveillez votre température quotidiennement pendant les 42 jours suivant la dernière exposition.
  • Au moindre signe (fièvre, céphalées, douleurs musculaires, essoufflement) : appelez le 15 ou le 112 et mentionnez immédiatement votre exposition au MV Hondius ou aux vols cités.
  • N’allez pas en salle d’attente sans avoir signalé : un protocole d’accueil isolé est prévu.

Pour les zones rurales à risque Puumala

Si vous habitez ou travaillez dans des zones forestières du Doubs, d’Alsace ou de Franche-Comté et que vous manipulez du bois de chauffage ou nettoyez des locaux fermés :

  • ventilez avant d’intervenir ;
  • portez un masque FFP2 et des gants ;
  • pulvérisez une solution diluée d’eau de Javel (1:9) avant de balayer ;
  • ne balayez pas à sec, n’aspirez pas : utilisez de l’eau de Javel et du papier absorbant.

Le virus Puumala reste rare mais sa circulation est bien documentée en France.

Et après ?

L’épisode MV Hondius est encore en cours au 11 mai 2026. Les résultats des tests PCR de contrôle sur les 4 passagers asymptomatiques de Bichat et sur le contact symptomatique des vols à risque sont attendus. Une réunion interministérielle se tient à Matignon deux fois par jour pour coordonner la réponse. La surveillance des 22 cas contacts et des 5 passagers s’étend jusqu’à fin juin 2026 au minimum, conformément à la durée d’incubation maximale.

HantaTracker met à jour cette page à chaque évolution officielle, avec sources vérifiées. La page Focus France sur l’accueil et la page Protocole France complètent ce dossier.

Sources

  1. Hantavirus à bord du MV Hondius — Une Française testée positive (porte-parole du gouvernement)BFM TV (11 mai 2026)
  2. En direct, hantavirus : un passager américain du MV Hondius testé positif, le décret sur les mesures d’isolement des passagers français publiéLe Monde (11 mai 2026)
  3. Hantavirus sur un navire de croisière : 22 cas contacts identifiés en FranceMidi Libre (11 mai 2026)
  4. L’hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola, juge l’épidémiologiste Antoine FlahaultLe Parisien (11 mai 2026)
  5. Hantavirus : tous les cas contacts placés « en quarantaine renforcée en milieu hospitalier », annonce le Premier ministreICI (France Bleu / France 3) (11 mai 2026)
  6. Cas d’hantavirus à bord du navire MV Hondius — Évacuation des ressortissants françaisFrance Diplomatie (10 mai 2026)
  7. Décret n° 2026-364 du 10 mai 2026 prescrivant les mesures d’urgence nécessaires à la gestion du risque d’infection à hantavirus AndesLégifrance — Journal officiel (11 mai 2026)
  8. Hantavirus : Sébastien Lecornu annonce la mise en place d’un décretCNews (10 mai 2026)