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Glossaire · Clinique

Favipiravir

Antiviral à large spectre développé au Japon contre la grippe (Fujifilm Toyama, 2014). Aujourd'hui exploré contre l'hantavirus des Andes — efficacité non encore démontrée.

Aussi appelé : Avigan, T-705, antiviral à ARN Clinique

Le favipiravir (code T-705, nom commercial Avigan) est un antiviral à large spectre développé par Fujifilm Toyama Chemical et autorisé au Japon en 2014 contre la grippe. Son mécanisme : il inhibe l'ARN polymérase virale — l'enzyme dont les virus à ARN ont besoin pour se répliquer. Cette cible biologique le rend potentiellement actif contre une large famille de virus, ce qui motive son exploration épisodique lors de chaque nouvelle menace (Ebola, COVID-19, Lassa…).

Pourquoi il refait surface avec l'hantavirus

Le 24 mai 2026, le HHS Secretary Robert F. Kennedy Jr. signe une déclaration ciblée PREP Act publiée au Federal Register (document 2026-10539). Elle protège juridiquement l'usage investigationnel du favipiravir comme traitement potentiel du syndrome pulmonaire à hantavirus, dans le périmètre de la flambée MV Hondius et de sa chaîne de transmission. La mesure est en vigueur jusqu'au 18 juillet 2026.

Une efficacité non démontrée contre l'Andes

C'est le point central à retenir, et que la déclaration PREP Act elle-même rappelle implicitement : la protection juridique ne préjuge pas de l'efficacité clinique. Les données disponibles sur le favipiravir contre le virus Andes sont limitées à des études animales. Aucun essai clinique humain de phase 3 n'a démontré, à ce jour, qu'il améliore le pronostic du SPH.

C'est précisément la même logique qu'on retrouve pour le candidat vaccin à ADN du USAMRIID : le verrou n'est pas la disponibilité d'une molécule plausible, mais la difficulté d'en prouver l'efficacité quand la maladie est trop rare pour monter un essai de phase 3.

Disponibilité : un médicament sans producteur

Élément central, révélé lors de l'audition au Sénat du 20 mai 2026 par la Pr Karine Lacombe (chef MIT, Saint-Antoine, AP-HP) : « c'est le seul traitement dont on a montré une efficacité préclinique et dans les modèles animaux. Le problème, c'est qu'on n'a pas de producteurs actuellement à l'échelle mondiale. […] Il y a un gros travail au niveau européen pour essayer de se procurer ce médicament et surtout de relancer sa fabrication. »

Autrement dit : une déclaration PREP Act américaine qui lève les barrières de responsabilité pour son usage investigationnel n'a pas grand-chose à protéger tant que la chaîne de production n'est pas restaurée. C'est l'angle mort qu'a souligné le Sénat français — et l'enjeu industriel européen en cours.

Effets indésirables connus

Le favipiravir est tératogène chez l'animal (contre-indiqué pendant la grossesse) et peut élever les enzymes hépatiques et l'acide urique. Son usage au Japon est strictement encadré depuis 2014.

Pour la situation globale du traitement de l'hantavirus, voir nos articles symptômes et traitement et où en est la recherche d'un vaccin.

Chiffres clés

Normes et références

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le favipiravir ?

Le favipiravir (T-705, nom commercial Avigan) est un antiviral à large spectre développé par Fujifilm Toyama Chemical et autorisé au Japon en 2014 contre la grippe. Son mécanisme d'action : il inhibe la ARN polymérase virale, l'enzyme qui permet aux virus à ARN de se répliquer. Il a été étudié contre plusieurs virus à ARN (Ebola, COVID-19, fièvre de Lassa…) avec des résultats variables.

Le favipiravir guérit-il l'hantavirus des Andes ?

Ce n'est pas démontré. À ce jour, son efficacité contre le virus Andes repose sur des données animales limitées et non sur des essais cliniques humains de phase 3. La déclaration PREP Act du 24 mai 2026 lève simplement les barrières de responsabilité pour son usage investigationnel dans le périmètre MV Hondius — elle ne préjuge pas du bénéfice clinique réel.

Quels effets indésirables ?

Le favipiravir est tératogène chez l'animal (contre-indiqué pendant la grossesse) et peut élever les enzymes hépatiques et l'acide urique. Son emploi reste encadré par des protocoles stricts au Japon depuis son autorisation en 2014.

Pour aller plus loin